Le meeting de la mouvance FAL 2012 (partisane du président Wade), à Thiès, le 8 février, a mal tourné pour une dizaine de journalistes qui couvraient l’événement. Ces derniers ont été agressés, ont vu leur matériel confisqué, et ont été menacés de mort, selon le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (SYNPICS). Ils avaient pourtant pris soin de brandir leur carte de presse et n’ont dû leur salut que grâce à l’intervention du commandant des forces de police.

Reporters sans frontières note que les manifestations de l’opposition avaient jusque là été un prétexte pour des brutalités policières sur les professionnels de l’information, mais que c’est cette fois des rangs du pouvoir en place et de ses alliés qu’est venue la menace.

Pour rappel, dix jours plus tôt, en marge des violences qui avaient éclaté dans la soirée du 27 janvier, lors du rassemblement du M23 (Mouvement du 23 juin) sur la place de l’Obélisque à Dakar, plusieurs journalistes parmi lesquels l’employé de l’AFP, Malick Rokhy Bâ, mais aussi deux femmes travaillant pour le quotidien Le Populaire, avaient été passés à tabac par la police. Le porte-parole de la présidence sénégalaise avait condamné énergiquement l’incident et avait précisé que pour lui, « la presse est un partenaire, pas un adversaire ».

Reporters sans frontières déplore les incidents qui ont touché la presse au cours des trois dernières semaines et demande que les journalistes puissent exercer librement et sans craindre pour leur sécurité. « Par notre présence ici, nous voulons marquer notre solidarité avec nos confrères sénégalais, observer la couverture de cette élection par les médias, et rappeler par la même occasion le strict professionnalisme qu’exige de la presse une telle période », affirme l’organisation.