Je suis arrivé en pleine nuit dans un Dakar aux rues forcément sombres et calmes. Ce matin, c’est un autre décor. De l’animation, du soleil, des couleurs et le bruit de la circulation.

Au réveil, je n’ai vu notre correspondant au Sénégal, Mamadou, que quelques minutes. Le temps d’échanger avec lui une chaleureuse poignée de main et un thé au citron. Nous allons nous revoir.

Puis, lors de mon rendez-vous suivant, le décor est rapidement planté. J’échange avec mon interlocuteur sur la situation politique au Sénégal et l’état de la presse. Nous parlons du niveau des libertés. Nous comparons avec les autres pays de la région. Notre conclusion? Le Sénégal navigue quelque part entre une très grande liberté d’expression et même de contestation, d’une part, et une relative culture de la violence politique, d’autre part.

Oui, la presse est pluraliste et les journalistes sont libres de s’exprimer, mais oui, il arrive également que des rédactions soient saccagées par des nervis. Oui, la tradition démocratique est ancrée et la contestation politique peut se faire entendre (M23, mouvement des Y’en a marre), mais oui, elle peut aussi parfois se voir opposer la force.